Le plurilinguisme funèbre autour de Marguerite de France, duchesse de Berry et de Savoie
Die Mehrsprachigkeit der Grabpoesie am Hofe von Margarete von Frankreich, Herzogin von Berry und Savoyen
modifié le: 2012-09-12
 

Daniele Speziari

 Le plurilinguisme funèbre autour de Marguerite de France, duchesse de Berry et de Savoie

 L'histoire de la poésie funéraire du XVIe siècle, et plus particulièrement celle de ces recueils collectifs et plurilingues qui étaient connus sous le nom de tombeaux, s'est croisée, à des moments-clés, avec le parcours existentiel de Marguerite de France, sœur du roi de France Henri II, duchesse de Berry et, plus tard, entre 1559 et jusqu'à sa mort (survenue en 1574), duchesse de Savoie. Sans en avoir directement commandé la composition, la sœur du roi fut néanmoins choisie par le poète et peintre Nicolas Denisot comme dédicataire, en 1551, du Tombeau de Marguerite de Valois Royne de Navarre, censé commémorer, en plusieurs langues, la disparition récente de sa tante, la reine Marguerite de Navarre. Ce volume documente l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes poètes, ceux qui sont connus comme membres de la « Pléiade », qui se présentent ici pour la première fois en tant que groupe. Autrement dit, à travers le prisme du Tombeau de 1551, il nous est donné d'assister à la constitution d'une cour qui avait trouvé en Marguerite un mécène et commencé à se réunir autour d'elle.

En 1574, à l'instar de sa tante, Marguerite fit à son tour l'objet d'une commémoration en poésie, aussi bien à travers des pièces en vers isolées que sous la forme de tombeaux collectifs. Tandis que certains d'entre eux s'inséraient dans le cadre des cérémonies officielles, d'autres exprimaient avec des accents plus sincères le désarroi des membres de l'entourage de la duchesse, notamment de ceux qui, persécutés en raison de leur foi hétérodoxe, s'étaient réfugiés à sa cour et avaient cherché (et trouvé) en elle non pas un mécène mais bien un bouclier de la religion réformée. C'est bien au sein d'une sorte de cour secrète que trouve son origine L'Ombre et Tombeau de treshaute et trespuissante Dame Marguerite de France, publié sous fausse adresse à Turin, mais en réalité à La Rochelle.

Nous entreprendrons dans cette communication d'analyser l'emploi et le rôle du plurilinguisme dans ces deux recueils. Dans le Tombeau de 1551, une véritable compétition s'engage à plusieurs niveaux : d'un côté, entre les différents auteurs, appelés à se mesurer avec les mêmes contenus dans le but d'étaler leur maîtrise de l'art poétique et de se faire connaître, comme c'était souvent le cas dans de tels ouvrages collectifs ; de l'autre, entre les différentes langues. À côté des enjeux individuels, liés au désir de gloire et de renommée, on reconnaît en effet un but plus général, celui de montrer le potentiel des langues vernaculaires, et notamment du français. Aucune forme de concurrence ne s'établit, en revanche, dans L'Ombre et Tombeau, où chaque langue se voit assigner une fonction spécialisée, avec une nette prééminence du français, et dont les auteurs, qui ne signent leurs textes que par leurs initiales, ne s'intéressent guère à la transmission de leur nom à la postérité. Au contraire, ils acceptent de s'effacer en tant qu'individus pour se poser en groupe qui veut parler avec une seule voix.     

 

 

Die Mehrsprachigkeit der Grabpoesie am Hofe von Margarete von Frankreich, Herzogin von Berry und Savoyen

 

Bei mehreren Gelegenheiten wurde die Geschichte der Grabpoesie in der Französischen Renaissance mit der Figur von Margarete von Valois, Schwester von Heinrich II., Herzogin von Berry und danach, von 1559 bis zu ihrem Tod im Jahre 1574, Herzogin von Savoyen verbunden. Obwohl sie ein „Tombeau“ – wie solche Werke zu diesem Zeitpunkt genannt wurden – bei dem Französischen Dichter und Maler Nicolas Denisot nicht direkt in Auftrag gegeben hatte, wurde ihr 1551 eine kollektive und mehrsprachige Grabdichtungssammlung gewidmet, und zwar das Werk Le Tombeau de Marguerite de Valois Royne de Navarre, das des Todes ihrer Tante Margaret, der ehemaligen Königin von Navarra, gedenken sollte. Zum ersten Mal präsentierten sich alle aufstrebenden Dichter der Zeit als eine Gruppe, die auch jene Literaten einschloss, die sich später als Mitglieder der sogenannten „Pléiade“ vorstellten. Mit anderen Worten dokumentiert das 1551 Tombeau nicht nur die Bildung von dem Hof Margarets, sondern auch den Aufstieg einer neuen Generation von Dichtern.

Der Tod der Herzogin 1574 inspirierte gleich die Komposition verschiedener mehrsprachiger tombeaux. Während einige von ihnen im Rahmen der offiziellen Feierlichkeiten geschrieben wurden, äußerten weitere Margarets Schützlingen ihre Trauer mit aufrichtigen Tönen: Vor allem nahmen die Protestanten an dieser Huldigung teil, die an ihrem Hof Zuflucht vor religiöser Verfolgung gefunden hatten oder sie als eine Fördererin des wahrhaftigen christlichen Glaubens betrachteten. Aus einem solchen geheimen Hof von Protestanten entstand das Werk L'Ombre et Tombeau de treshaute et trespuissante Dame Marguerite de France, das scheinbar in Turin veröffentlicht wurde, tatsächlich aber in La Rochelle.

In dieser Rede werde ich einen Vergleich über die Rolle der Mehrsprachigkeit zwischen den Werken Tombeau (1551) und l'Ombre et Tombeau (1574) ziehen. In dem 1551 Tombeau war ein Wettbewerb unter den Dichtern etabliert: Während das Ziel von manchen unter ihnen war, vor den anderen Vorrang zu haben und sich bekannt zu werden, wie es oft der Fall für eine solche kollektive Publikation war, war der allgemeine Zweck, die Potentialität der Volkssprachen – vor allem des Französischen – zu zeigen. Mehrsprachigkeit beinhaltet weder Redundanz noch irgendeine Art von Wettbewerb in L'Ombre et Tombeau. Stattdessen wird jeder Sprache eine bestimmte Funktion zugeordnet, auch wenn Französisch den klaren Vorsprung vor den anderen Sprachen hat. Die protestantischen Dichter auf dem Hof von Margaret hatten kein Interesse an ihrem eigenen Ruhm mehr. Sie akzeptierten als Individuen zu verschwinden, was von der Verwendung von Initialen gezeigt ist, und sich vielmehr als Ganzes und kollektive Stimme auszudrücken.

 

 

 

 
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