"La langue du conflit à Florence: la politique comme poursuite de la guerre avec les mêmes mots"
modifié le: 2011-09-28
 

 

« Du plus loin que je me souvienne soit on a fait la guerre, soit on en a parlé » écrivait Machiavel à son ami et compatriote Guicciardini le 3 janvier 1526 : la guerre est une réalité permanente pour laquelle il importe, du coup, de trouver des mots susceptibles de rendre compte de ce qu’elle est vraiment. Il existe donc une véritable nécessité de réfléchir sur les mots de la guerre en même temps qu’est pensé le conflit comme forme privilégiée des relations politiques dans la république menacée de s’écrouler. Pour rendre compte de cette tension notre intervention comprendra deux parties. 

Dans la première, nous tenterons de proposer une lecture synthétique du lexique utilisé par Machiavel et Guicciardini, en nous attardant plus particulièrement évidemment sur l’Art de la Guerre de Machiavel et sur l’Histoire d’Italie, œuvres très différentes par leurs logiques et leurs natures mais qui ont en commun de représenter l’effort le plus abouti chez chacun des deux auteurs pour penser et dire le statut de la guerre dans le moment historique qu’ils vivent depuis 1494. L’étude permettra de mettre en évidence notamment les usages spécifiques d’un côté des latinismes (qu’ils relèvent d’une langue plus générique ou de la langue militaire des traités antiques) et, de l’autre, de la nouvelle langue vulgaire spécialisée dans la chose militaire. Dans la deuxième partie, au travers du cas des Histoires Florentines de Machiavel, on montrera comment la langue de la guerre se déploie aussi dans l’histoire des luttes internes de la cité, et devient de ce fait une source essentielle de la langue de la politique tout court. Toutefois, il n’en demeure pas moins qu’il convient de faire la différence entre un lexique du conflit intérieur reprenant celui de la guerre guerroyée et le langage spécifique des conflits internes à la cité (le guerre di drento et le guerre di fuora selon la terminologie machiavélienne) : ainsi, par exemple, les usages respectifs des mots de rabbia ou furore nous donneront une illustration de cette distinction.

Au terme de cette intervention, on posera à la fois qu’au travers de l’étude des deux auteurs majeurs de la république florentine en guerre, la langue du conflit armé nous propose, d’une part, une articulation spécifique des relations latin / langue vulgaire et, d’autre part, un espace privilégié d’enregistrement de la conviction des républicains florentins selon laquelle la guerre est l’horizon de la politique.

 

 
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