Atelier n° 4 (9-10 sept. 2011) : Les langues spécialisées dans l’Europe du XVIe siècle
modifié le: 2011-09-27
 

Organisation scientifique : Cornel Zwierlein (Univ. Bochum).

Cet atelier fait immédiatement suite à l 'atelier "Langues des pratiques militaires et langues de la guerre (XVe-XVIe siècles)" (organisé par Marie Madeleine Fontaine et Jean-Louis Fournel, le 8 septembre 2011).

Fachsprachen im Europa des 16. Jahrhunderts

 

PROGRAMME

AFFICHE

 

 

Le latin a été pendant des siècles la seule langue d'autorité dans les sciences et les techniques pratiques. La Renaissance fait apparaître des régimes linguistiques complémentaires, voire concurrents dans des champs aussi divers que l'économie, l'histoire naturelle, le droit, la musique, la politique. Dans ces domaines, on observe que les langues vernaculaires sont acceptées comme langues spécialisées et techniques. L'hypothèse de travail est que cette autorisation du vernaculaire va de pair avec, ou est le fruit d'un processus large de « méthodisation de l'empirique » (Methodisierung der Empirie) qui commence alors dans les sciences et les arts de la Renaissance. Ainsi, le droit prend en considération la langue des marchands des villes portuaires italiennes (assicuranza, polizza, cambio...) et la langue du droit coutumier régional ; l'histoire naturelle, avant Linné, prend en considération les noms et le savoir indigènes concernant les plantes et les animaux ; en musique, on commence lentement à tenir compte de la langue pratique des musiciens, qui vient remplacer celle la musique arithmétique ; en politique, on assimile les mots et les concepts clés de la culture politique italienne jusqu'à des processus de relatinisation de la langue vernaculaire (contrapeso/contrepoids/equilibrium/ratio status). Avant la fin de l'époque moderne, ce processus d'échange entre langues vernaculaires techniques et systèmes de savoir latins donnent lieu à deux phénomènes différents : l'hybridisation et le positivisme. Une hybridisation des langues et des ordres du savoir se met par exemple en place dans le champ économique, où les nouveaux types de contrats créés dans les villes portuaires et dans les bourses du Moyen Âge tardif et de la Renaissance ne vont jamais être intégrés complètement dans le droit romain : à la place de cette intégration, on assiste à une différenciation des langues, lois et codes spéciaux du commerce jusqu'au XIXe siècle – codes constitués par des mélanges sémantiques et linguistiques du droit antique et du droit de la pratique. Le chemin du positivisme, lui, est emprunté par exemple par l'histoire naturelle : durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, le système de Linné fait disparaître plus au moins complètement la multiplicité des noms et des langues vernaculaires accumulée dans les traités scientifiques depuis le XVIe siècle, et rompt ainsi avec l'épistémè de la Renaissance. Quelle que soit la voie qui est prise en définitive – hybridisation ou positivisme –, on cherche à analyser de près l'échange entre langues vernaculaires et langue docte, ainsi que le métissage entre les deux que l’on interprète comme un effet et en même temps un moteur du processus d’empirisation des savoirs et des sciences.


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