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ATELIER N° 6 (7-8 SEPT. 2012) : LES COURS, LIEUX D'EXPÉRIMENTATION DES LANGUES VERNACULAIRES À LA RENAISSANCE (1480-1620)
modifié le: 2012-08-20
 

Eurolab – Atelier n° 6
Direction scientifique : Anna Kathrin Bleuler (Université de Salzbourg) & Jean Balsamo (Université de Reims)


Après les ateliers d’imprimeurs et les villes, les cours élargies aux académies qui se sont développées en relation à elles constituent le troisième des lieux de rencontre et d’élaboration des langues vernaculaires à la Renaissance qu’étudie le projet de recherche franco-allemand EUROLAB. Elles font à ce titre l’objet d’un séminaire international à visée exploratoire, dans une approche provisoirement monographique. Ce domaine de recherche, en effet, s’il n’est pas entièrement inédit, n’a guère été jusqu’ici exploré de façon systématique. Il se situe à la croisée de deux perspectives. D’un côté, les travaux sur la pratique et la diffusion des langues vernaculaires à la Renaissance ont depuis longtemps  confirmé le rôle des princes dans le développement et l’illustration de leur langue nationale, un des « lieux » rhétorique de leur éloge des princes. Ces travaux toutefois n’accordent guère un rôle déterminant à la cour en tant qu’institution langagière, sinon précisément à travers les formes de la décision royale, du mécénat et de la commande littéraires. D’un autre côté, les nombreuses études consacrées aux cours d’Europe du Moyen âge à l’époque moderne ont examiné leur objet dans différentes perspectives, institutionnelle, politique, anthropologique ou sociale. Elles ont contribué à éclairer la culture de cour, soit en examinant avec précision les formes spécifiques de celle-ci (architecture, monuments, rituels, étiquette), soit, de façon plus générale, en s’interrogeant sur les œuvres, sur les formes littéraires et artistiques produites à la cour et pour la cour, en particulier celles qui avaient été destinées à la célébration ou à la délectation des princes. Une attention toute particulière a ainsi été portée au sens et à la signification de ces productions, à élucider la symbolique des emblèmes et des allégories. En revanche, la question de la langue, plus banale en apparence parce qu’elle touche des objets moins élaborés, n’a guère été examinée ; elle a été reçue comme un fait évident, qui n’avait pas à être interrogé, sinon dans son acception métonymique, celle des langages, figurés ou poétiques, et des œuvres qui les ont exprimés ; elle n’a guère fait l’objet d’investigations diversifiées, à l’exception notable de l’italien à la cour des derniers Valois, objet d’une longue tradition historiographique.

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